Peut-on licencier un salarié en arrêt maladie ?

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C’est l’une des questions les plus fréquentes en droit du travail — et l’une des plus mal comprises. La réponse courte est : cela dépend. La réponse longue, plus utile pour un employeur, mérite quelques explications.

Le principe : la protection contre le licenciement

En France, un salarié en arrêt maladie ordinaire — c’est-à-dire un arrêt lié à une maladie non professionnelle — ne bénéficie d’aucune protection légale spécifique contre le licenciement du seul fait de son arrêt. Contrairement à ce que beaucoup de dirigeants croient, la loi n’interdit pas de licencier un salarié parce qu’il est en arrêt maladie.

L’interdiction : licencier à cause de la maladie

Ce qui est interdit, en revanche, c’est de licencier un salarié en raison de son état de santé. Si la lettre de licenciement mentionne, même indirectement, l’absence du salarié comme motif, le licenciement sera nul. La nuance est essentielle.

L’exception : la perturbation du fonctionnement de l’entreprise

L’employeur peut licencier un salarié absent pour maladie si cette absence prolongée perturbe le bon fonctionnement de l’entreprise et nécessite le remplacement définitif du salarié. Deux conditions doivent être réunies : la perturbation doit être réelle et caractérisée, et l’employeur doit procéder à un remplacement effectif et définitif.

Le cas particulier de l’inaptitude

Si le médecin du travail déclare le salarié inapte à son poste — à l’issue d’une visite de reprise —, l’employeur est tenu de chercher un poste de reclassement. Ce n’est qu’en cas d’impossibilité de reclassement, ou de refus du salarié, que le licenciement pour inaptitude peut être prononcé. Cette procédure est strictement encadrée.

Ce que vous devez retenir

Avant de prendre toute décision concernant un salarié en arrêt maladie, consultez un avocat spécialisé. Les conséquences d’un licenciement nul — notamment pour discrimination liée à la santé — peuvent être très lourdes.